Que se passe-t-il au Congo ?

Tshukudu , 2024, modelisation 3D et animation
Le Tshukudu est une sorte de trottinette géante en bois qui est extrêmement populaire dans la région de Goma, située au Nord-Kivu en République Démocratique du Congo. Il est principalement utilisé pour le transport de marchandises lourdes, pouvant aller jusqu’à 100 kg. La fabrication artisanale de cet engin, souvent à partir de bois d’eucalyptus, en fait un symbole de l’ingéniosité locale qui joue un rôle essentiel dans la vie quotidienne des habitants de la région. Les conducteurs de tshukudu, appelés « tshukudeurs », utilisent ces engins pour transporter une variété de marchandises telles que des produits agricoles et du charbon à travers la ville. Il est vraiment fascinant de constater comment une invention aussi simple peut avoir un impact aussi significatif sur la communauté locale. Le Tshukudu représente non seulement l’ingéniosité locale mais aussi la résilience et la tragédie qui caractérisent la vie dans les collines verdoyantes du Kivu en République Démocratique du Congo. Cette trottinette en bois, fabriquée à la main, dépasse son rôle de simple moyen de transport pour incarner l’esprit de survie et la détermination face aux difficultés quotidiennes. Néanmoins, derrière l’image pittoresque du tshukudu se cache une réalité sombre et troublante.

En effet, le Kivu, une région regorgeant de ressources naturelles, est malheureusement le théâtre d’une exploitation minière intense et souvent destructrice. L’extractivisme, bien qu’il soit un moteur économique pour certains, engendre souffrances et désastres pour beaucoup. Les terres sont ravagées, les communautés sont déplacées, et les conflits sont alimentés par la recherche infatigable de minerais précieux. A travers cette animation 3D du tshukudu, mon objectif est de mettre en lumière ce contraste frappant et saisissant. Alors que le tshukudu avance, chargé de marchandises, il traverse des paysages profondément marqués par les cicatrices de l’extractivisme. Les montagnes autrefois majestueuses sont désormais creusées, les rivières sont polluées, et les villages se retrouvent abandonnés. Pourtant, malgré les obstacles, le tshukudu continue son chemin, symbolisant l’espoir et la résilience des habitants du Kivu. Mais chaque virage est un rappel constant des défis imposés par l’exploitation des ressources naturelles. A travers cette œuvre, je souhaite susciter une réflexion profonde et inciter à l’action en faveur d’un avenir où le développement économique se fera en harmonie avec les communautés locales et l’environnement.

La situation sécuritaire de l’Est du Congo ( Goma-Nord Kivu) actuellement

La situation actuelle à Goma, une ville située dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), est extrêmement inquiétante. En effet, la ville est actuellement contrôlée par les rebelles du M23 ainsi que par l’armée rwandaise, ce qui a entraîné une grave crise humanitaire et de nombreuses violations des droits de l’homme.

Les affrontements se poursuivent et la population civile se trouve prise au piège, exposée à des risques importants liés à l’utilisation d’armes explosives dans des zones fortement peuplées. Face à cette situation critique, les Nations Unies et d’autres organisations humanitaires ont lancé un appel d’urgence, soulignant l’importance de protéger les civils et de répondre aux besoins humanitaires pressants. Le climat reste très tendu, marqué par des combats violents et des actes de pillage signalés dans plusieurs quartiers de la ville.

Le Rwanda ou le M23 ?

La relation entre le Rwanda et le groupe rebelle M23 est à la fois complexe et controversée. Le M23, également connu sous le nom de Mouvement du 23 mars, est une faction armée opérant principalement dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), en particulier dans la province du Nord-Kivu. Fondé en 2012 par d’anciens membres des forces armées congolaises, le M23 est principalement composé de Tutsis congolais et est fréquemment accusé de recevoir le soutien du Rwanda, bien que ce pays nie fermement ces allégations.

Le M23 a intensifié ses offensives dans les environs de Goma, entraînant des tensions diplomatiques entre la RDC et le Rwanda. Les forces rwandaises sont également soupçonnées d’appuyer directement les actions du M23, ce qui a conduit à des demandes internationales pour que le Rwanda retire ses troupes de la RDC. Face à cette situation délicate, des pourparlers diplomatiques ont été engagés et des appels à la réduction des tensions ont été lancés. Cependant, les négociations demeurent compliquées. La communauté internationale, y compris des organisations telles que l’ONU et l’Union africaine, s’est exprimée sur son inquiétude face à cette crise persistante. En dépit des démentis du Rwanda quant à son soutien au M23, il semble évident que Kigali est bel et bien impliqué dans la situation grave qui sévit en République démocratique du Congo (RDC). Paul Kagame, le président du Rwanda, est accusé de jouer un rôle dans la manipulation de la situation afin de déstabiliser l’est du Congo et ainsi accéder aux richesses minières de la région.

Un génocide passé sous silence ( un silence complice)

Kimya kya uhalifu
Le selience médiatique
La République Démocratique du Congo (RDC) est souvent présentée de manière négative en raison des violences massives et des violations des droits de l’homme, en particulier dans l’est du pays. Ces conflits sont dus à des tensions ethniques, des rivalités politiques et à la lutte pour le contrôle des ressources naturelles telles que le coltan et le cobalt. La période entre 1998 et 2003 a connu une violence extrême et un nombre effarant de pertes humaines. Dans l’est de la RDC, la situation reste critique, avec la présence de groupes rebelles depuis plus de 25 ans. Parmi ces groupes, le M23, soutenu par le Rwanda, agit en toute impunité, motivé par des considérations ethniques et économiques liées aux richesses minières. Les autorités congolaises ont du mal à assurer la sécurité des populations et l’intégrité du pays.

Ce qui est particulièrement préoccupant, c’est le manque d’attention de la communauté internationale envers cette crise. Les médias internationaux ont souvent ignoré ces atrocités, préférant se concentrer sur d’autres conflits plus médiatisés. De plus, malgré les preuves accablantes du soutien du Rwanda au M23, peu de mesures concrètes ont été prises pour punir ce pays ou pour mettre fin à son implication dans le conflit. Cette inertie et cette impunité alimentent le sentiment d’abandon parmi les populations locales et maintiennent l’instabilité dans la région. Le 19 février 2024, l’Union européenne a conclu un accord minier majeur avec le Rwanda sur les minerais provenant du Congo. L’Union européenne habille sa complicité avec le Rwanda par un prétendu accord visant à mettre en place des réformes dans le secteur minier, en se concentrant sur des minerais stratégiques tels que le coltan, le tungstène et le tantale provenant du Congo. Le prétendu objectif de l’Union européenne sur cet accord est décrit comme un moyen de garantir la traçabilité des minerais et de lutter contre le trafic illégal, en réponse aux allégations selon lesquelles le Rwanda exploiterait les ressources minières de la RDC. En plus de cet accord, il y a eu d’autres partenariats militaires et subventions accordés à l’État rwandais. Malgré les preuves rendues publiques par les experts de la MONUSCO dans le rapport mapping, aucun acte de répression/sanction n’a été envisagé à l’encontre du Rwanda. Les appels à l’action de personnalités telles que Denis Mukwege, lauréat du prix Nobel de la paix, mettent en lumière l’urgence d’une réponse internationale plus ferme et équitable. Cependant, malgré ces appels, les efforts pour protéger les civils et pour traduire les responsables en justice demeurent insuffisants jusqu’à présent.

Projet « Enclave » de Richard Mosse

Richard Mosse – Commodius Vicus, 2015

Richard Mosse: The Impossib1le Image

Richard Mosse – Violence vintage, 2011

Le projet « The Enclave » de Richard Mosse est une installation vidéo multi-canal qui documente les conflits dans l’est de la République démocratique du Congo. Utilisant une pellicule infrarouge militaire, Mosse capture des images en teintes intenses de lavande, de cramoisi et de rose, révélant la violence et la souffrance souvent ignorées par les médias traditionnels.
L’œuvre combine photographie, vidéo et son pour créer une expérience immersive qui met en lumière les atrocités commises dans cette région, y compris les massacres, les violences sexuelles et les déplacements de populations. Mosse collabore avec le cinéaste Trevor Tweeten et le compositeur Ben Frost pour produire une installation qui défie les conventions du photojournalisme et engage le spectateur à travers une perspective unique et perturbante.

« The Enclave » vise à sensibiliser le public à la situation tragique en RDC, souvent qualifiée de génocide, et à rendre visible un conflit largement ignoré par les médias et la communauté internationale. Le projet met en lumière le silence médiatique et l’inaction de la communauté internationale face aux souffrances endurées par les populations locales. Ce projet met en avant les souffrances des populations locales, souvent qualifiées de génocide, et vise à rompre le silence médiatique et l’inaction de la communauté internationale. En République Démocratique du Congo, les conflits armés perdurent depuis des décennies, engendrant des violences extrêmes commises par divers groupes armés. Ces affrontements ont causé des millions de décès et des déplacements massifs de populations. Malgré l’ampleur de la crise, elle reste largement ignorée par les médias internationaux, entraînant un manque de sensibilisation et d’actions de la part de la communauté internationale. Le manque de couverture médiatique autour de la situation en RDC est frappant. Les massacres, viols, et déplacements forcés sont souvent minimisés dans les médias mondiaux, entravant une prise de conscience globale et limitant la pression sur les gouvernements et les organisations internationales pour agir. La réponse de la communauté internationale face aux atrocités commises en RDC a été critiquée pour son insuffisance. Malgré les rapports et les preuves des violations des droits de l’homme, les actions internationales restent souvent inadéquates. Les appels à des sanctions ciblées et à une intervention plus ferme demeurent souvent sans réponse. En mettant en lumière ces réalités, « The Enclave » cherche à éveiller les consciences, informer le public sur les atrocités en RDC, encourager une meilleure couverture médiatique et inciter la communauté internationale à prendre des mesures concrètes pour mettre fin aux souffrances des populations locales. Ce projet est crucial pour donner une voix à ceux qui souffrent en silence et rappeler au monde l’importance de la justice et de la solidarité internationale.