
En République Démocratique du Congo (RDC), l’extractivisme est une pratique qui concerne l’exploitation de ressources naturelles telles que le cobalt, le coltan et le cuivre. Les mineurs se retrouvent souvent à travailler dans des conditions extrêmement dangereuses, sans avoir à leur disposition des équipements de protection adéquats ni un accès aux soins médicaux appropriés. Cela les expose à de nombreux risques, allant des accidents aux maladies respiratoires en passant par des blessures graves. Il est également important de souligner que des enfants peuvent parfois être impliqués dans ces activités, ce qui aggrave encore davantage la situation. Du point de vue social, les communautés locales subissent de manière significative les conséquences néfastes de l’extractivisme.
Les revenus générés par l’exploitation minière ne bénéficient pas équitablement à la population. La corruption et la mauvaise gestion des ressources limitent les investissements dans les infrastructures essentielles comme les écoles, les hôpitaux et les routes. En conséquence, les conditions de vie restent précaires pour une grande partie de la population. L’extraction minière cause également des dégâts importants à l’environnement, détruisant les écosystèmes locaux et polluant les sources d’eau. Cette dégradation environnementale a des répercussions directes sur la santé et les moyens de subsistance des habitants. Enfin, l’extractivisme est souvent lié à des conflits armés et à l’exploitation des populations locales. Les groupes armés contrôlent parfois les sites miniers, utilisant les revenus pour financer leurs activités, ce qui exacerbe les tensions et les violences dans la région. C’est en raison des besoins croissants de la technologie moderne que l’extractivisme en RDC a un impact si profond sur les conditions de vie de la population. Les ressources comme le cobalt et le cuivre sont essentielles pour la fabrication de batteries, de smartphones et d’autres appareils électroniques. Cette demande mondiale pousse à une exploitation intensive des mines, souvent au détriment des droits et du bien-être des travailleurs et des communautés locales.
Des efforts sont en cours pour améliorer la situation, comme la formalisation de l’exploitation minière artisanale et la promotion d’une gouvernance plus transparente. Cependant, il reste encore beaucoup à faire pour garantir des conditions de travail sûres et des bénéfices équitables pour la population locale.

La République démocratique du Congo (RDC) est riche en ressources minérales, principalement extraites dans l’est et le sud du pays, souvent marqués par des conflits. L’extraction artisanale dans les mines de Kivu se fait dans des conditions dangereuses, sous le contrôle de groupes rebelles, entraînant des violations des droits de l’homme.
Mon œuvre « Extraction artisanale » (2023) utilise le photomontage pour aborder les enjeux éthiques et géopolitiques de l’extraction des matières premières en RDC. Je m’identifie aux victimes des conflits et des violations des droits de l’homme, partageant leur souffrance à travers mon art. Inspiré par Richard Mosse et son projet The Enclave, utilisant des images aux couleurs intenses pour mettre en lumière cette réalité. Ce qui nous introduit à mon oeuvre suivante ; la Série avant-gardes _ fauvisme, photomontage et retouche d’images, 2023.

Pour enrichir la série avant-gardes, j’ai revisité ma production sur l’extractivisme en RDC à travers l’œuvre « Extraction artisanale, photomontage, 2023« .
J’ai relié cette œuvre à l’histoire de l’exploitation des richesses congolaises, en contextualisant la situation dans l’Est de la RDC (Rutshuru, Sud et Nord Kivu). J’ai présenté ma problématique et apporté des éléments théoriques, comme le rapport mapping de l’ONU de 2010, qui reconnaît les méfaits génocidaires commis au Congo et établit les responsabilités des parties prenantes.
Cette œuvre, « Manono, des écrans pour esthétiser la misère » de Seumboy VRAINOM, est très riche sur le plan sémantique. Réalisée en 2019, cette vidéo m’a profondément marqué, dans ce processus de réflexion et d’analyse critique sur la question de l’extraction des minerais du Congo, en particulier dans la région du Nord Kivu, quoique elle interroge cette problematique sur toute l’étendue du territoire nationale congolaise.
Dans cette vidéo on peut constanter la juxtaposition d’images publicitaires pour smartphones avec des reportages dénonçant les conditions d’extraction des matières premières nécessaires à la fabrication de ces mêmes smartphones. Le contraste entre la beauté artificielle des publicités et la réalité brutale des mines congolaises est saisissant. Le titre, « Manono », fait référence au site d’exploitation de lithium découvert récemment en République démocratique du Congo. Cette œuvre pointe du doigt la ressemblance esthétique entre ces deux catégories d’images : l’une faite pour promouvoir, l’autre pour dénoncer. Elle interroge notre rapport ambivalent aux écrans tout en critiquant la problematique persistante de l’extracation des minerais du Congo. Seumboy VRAINOM, militant pour une écologie décoloniale, utilise le détournement d’images en ligne pour mettre en lumière les rapports de domination raciste, coloniale et destructrice du monde. Son travail m’inspire à repenser notre relation avec ces ressources précieuses et à agir pour une exploitation plus éthique et équitable. Dans mon mémoire, j’explore cette question de manière approfondie et j’analyse les connexions entre l’art, l’éthique et la géopolitique, en cherchant des solutions pour un avenir plus juste et durable.
À qui profitent les minerais extraits du Congo ?

Les minerais de la République Démocratique du Congo (RDC) sont largement bénéfiques à plusieurs grandes entreprises multinationales, à des groupes armés locaux, ainsi qu’au Rwanda. Parmi les acteurs majeurs du secteur minier en RDC, on peut citer Glencore, une entreprise suisse impliquée dans l’extraction du cuivre et du cobalt à travers des projets tels que KCC (Kamoto Copper Company) et Mutanda. De même, China Molybdenum, une société chinoise, figure parmi les acteurs clés avec son projet Tenke Fungurume Mining (TFM), l’une des plus grandes mines de cuivre et de cobalt au monde. Barrick Gold, une entreprise canadienne, est également impliquée dans l’extraction de l’or par le biais de la mine de Kibali, tandis que Zijin Mining, une entreprise chinoise, opère avec son projet Kamoa-Kakula, l’un des plus importants gisements de cuivre non exploités dans le monde.
En parallèle des entreprises multinationales, les groupes armés locaux profitent également de l’exploitation des minerais en RDC. Ces groupes contrôlent fréquemment des mines illégales et utilisent les profits pour financer leurs activités militaires, ce qui aggrave les conflits et les violences dans la région. Par ailleurs, le Rwanda joue un rôle significatif dans cette situation. Bien que le pays ne possède pas de mines de coltan ou de tantale, il est devenu l’un des principaux exportateurs mondiaux de ces minerais, souvent qualifiés de « minerais du sang ». Le gouvernement congolais accuse régulièrement le Rwanda de soutenir des groupes armés, comme le M23, afin d’occuper illégalement des territoires en RDC et de piller ses ressources naturelles. Cette exploitation contribue au « miracle économique » rwandais, mais au détriment de la stabilité et du développement de la RDC. Malheureusement, les avantages issus de l’extraction des minerais profitent peu à la population locale. Les revenus générés sont souvent accaparés par des élites ou rapatriés à l’étranger par les multinationales, laissant ainsi les communautés locales dans la misère et la précarité. Pour conclure, il est évident que les minerais de la RDC bénéficient principalement à des entreprises multinationales telles que Glencore, China Molybdenum, Barrick Gold et Zijin Mining, ainsi qu’à des groupes armés locaux et au Rwanda, qui exploitent illégalement ces ressources. Malheureusement, les retombées économiques pour la population locale restent extrêmement limitées.
La RDC finit enfin par porter plainte contre Apple.

En date de décembre 2024, la République Démocratique du Congo (RDC) a introduit des plaintes en France et en Belgique à l’encontre des filiales du groupe Apple, les accusant d’utiliser des minerais provenant de sources controversées dans la fabrication de leurs produits. Selon les allégations de la RDC, Apple se procurerait des minerais de façon illégale dans l’est instable du pays, les faisant transiter clandestinement jusqu’au Rwanda voisin, où ils sont blanchis avant d’être intégrés dans les chaînes d’approvisionnement mondiales.
Les avocats représentant la RDC ont porté des accusations de pratiques commerciales frauduleuses à l’encontre d’Apple, affirmant que l’entreprise induit les consommateurs en erreur en leur assurant que ses chaînes d’approvisionnement sont éthiques, alors qu’elles font en réalité appel à des minerais provenant d’opérations illégales. En outre, la plainte vise à dénoncer des infractions telles que le recel de crimes de guerre, le blanchiment d’argent et l’escroquerie. En réponse à ces allégations, Apple a annoncé avoir donné instruction à ses sous-traitants présents en RDC et au Rwanda de suspendre leurs activités en raison de l’aggravation des conflits armés dans la région. Par ailleurs, Apple a rejeté catégoriquement les accusations portées contre elle, assurant que ses chaînes d’approvisionnement sont conformes aux normes les plus strictes de l’industrie. Cette affaire met en lumière les nombreux défis persistants liés à l’exploitation des « minerais de conflit », ainsi que les efforts de la RDC pour tenir responsables les entreprises impliquées dans l’extraction et la commercialisation de ces ressources.
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